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Un députée britannique poursuit xAI : Grok a généré des photos d'elle en bikini sans consentement, une affaire de violation de la vie privée

10/06/2026
Grok

Le 4 juin, la députée travailliste britannique Jess Asato a officiellement annoncé une action en justice contre xAI, la société d'intelligence artificielle d'Elon Musk, accusant son chatbot Grok d'avoir été utilisé pour générer de fausses photos d'elle en bikini, ce qui constitue une atteinte à la vie privée. C'est la première plainte ciblant les lacunes de conception d'un système d'IA, visant à établir un précédent juridique selon lequel les entreprises doivent assumer la responsabilité des usages abusifs potentiels de leurs produits.

Selon la plainte déposée par Asato auprès de la Haute Cour de Londres, en janvier dernier, après avoir publiquement critiqué la prolifération de contenus pornographiques deepfake en ligne, des individus ont utilisé Grok pour créer des images falsifiées d'elle en bikini sans son consentement. Elle invoque le Data Protection Act pour accuser xAI d'utilisation abusive de données personnelles et demande des dommages et intérêts. « Personne ne pourrait me déshabiller dans la rue et me mettre un bikini, je ne comprends pas pourquoi on peut le faire en ligne. La sensation n'est pas exactement la même, mais elle est très proche », a-t-elle souligné dans un communiqué.

Le point clé de cette affaire est qu'Asato ne poursuit pas directement les utilisateurs ayant abusé de l'outil, mais tient xAI pour responsable de la conception défaillante de Grok. Elle espère ainsi établir un principe : les entreprises d'IA ne peuvent pas se retrancher derrière l'argument « l'outil est innocent » pour échapper à leur responsabilité juridique en cas d'infraction causée par leur technologie. À ce jour, xAI n'a pas fait de déclaration publique. Si cette affaire aboutit, elle pourrait avoir un impact profond sur la régulation de l'IA à l'échelle mondiale, en particulier en ce qui concerne les mécanismes de responsabilité pour les deepfakes.

Analyse et perspectives : Cette affaire marque une évolution de la gouvernance de l'IA, passant d'une « responsabilité a posteriori » à une « responsabilité de conception ». Elle pourrait renforcer les exigences de conformité du AI Act européen et du Online Safety Act britannique. Avec la généralisation de l'IA générative, les entreprises technologiques doivent trouver un équilibre entre innovation et sécurité, sous peine de faire face à des défis juridiques croissants.

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