Le 11 juin, le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Philippe Dufresne, a publié les conclusions de son enquête, établissant que le chatbot Grok de xAI, une entreprise d'Elon Musk, ainsi que la plateforme de médias sociaux X (anciennement Twitter), ont violé la loi fédérale canadienne sur la protection de la vie privée. L'enquête a révélé que plus tôt cette année, en seulement 10 jours, les utilisateurs ont généré à l'échelle mondiale plus de 1,8 million d'images deepfake pornographiques non consensuelles via Grok. Le Commissaire a souligné que, bien que des mesures de sécurité partielles aient été prises après l'enquête, le problème est loin d'être résolu : l'outil de génération d'images de Grok manquait de mécanismes de protection suffisants lors de son lancement, et n'a pas suffisamment pris en compte les risques potentiels pour la vie privée.
Cette enquête fait suite à des investigations similaires déjà lancées au Royaume-Uni et en Californie. Dufresne a indiqué que X et xAI ont pris des engagements de conformité, mais qu'ils ne sont pas encore à la hauteur des exigences. Il a souligné que cette affaire met en évidence la nécessité d'une mise à jour urgente de la loi canadienne sur la protection de la vie privée afin de donner aux autorités de régulation le pouvoir d'infliger des amendes et d'émettre des ordonnances contraignantes. Parallèlement, le gouvernement libéral du Canada a proposé mercredi une « Loi sur les médias sociaux sécuritaires », obligeant les plateformes à supprimer dans les 24 heures les contenus pornographiques, y compris ceux générés par l'IA, et prévoyant de criminaliser le partage de ces deepfakes.

